L’opération avait été minutieusement préparée. Dans un premier temps, ils avaient pris attache avec nous depuis Bayeux et Avranches. Pendant un an, dans la plus grande discrétion, nous sommes restés en contact. Jusqu’au jour J…
Au petit matin, par un beau dimanche du mois d’octobre, une unité de 17 personnes a été aéroportée jusqu’à Poretta.
Après un accueil en catimini, la colonne, répartie en deux groupes, s’est engouffrée dans les deux véhicules prévus pour le transport des troupes. Direction le QG établit au village de Borgo. Stratégiquement parlant, c’était imparable. Point de vue imprenable pour surveiller les plages d’une grande partie de la côte orientale. Proche de Bastia, théâtre des opérations.
C’est de là, qu’un matin, à l’aube, ils ont embarqué à bord d’un navire affrété pour eux. Le secteur visé : le Cap Corse. L’assaut sera donné dans la matinée, sur le petit port de Macinaggio. Un succès.
La confiance entre nous était telle qu’un jour, qu’ils nous ont confié une mission. Son nom de code : « Aldilonda ».
La vaste opération a été lancée depuis notre GEM. Regroupement sur la Place Saint-Nicolas. Pour ne pas être repérés, nous avons progressé très lentement, en petits groupes. La traversée de la rue Napoléon s’est déroulée sans encombre.
La tête de pont a été jusqu’au bout de l’Aldilonda. Les autres assurant les arrières sur le Vieux Port, lieu de jonction des forces. Épuisés par ce périple, il fallait impérativement ravitailler les troupes.
Et la vie a repris son cours autour d’un repas au resto. Leur généreuse invitation nous a beaucoup touchés. L’intensité de nos aventures fait qu’ils envisagent de revenir. Et nous, de débarquer en Normandie ? Ouvrir un nouveau front à l’ouest serait un beau défi à réaliser…


