En temps normal, l’été invite à ralentir le rythme. Parfait pour nous. On est enfin dans le bon tempo. Mais cette année, le changement climatique a donné le la. Et en quelques jours, on est passé de l’invitation à ralentir à l’injonction de rester aux abris.

Au GEM, au début, on suivait fébrilement les alertes météo qui oscillaient entre l’orange et le rouge, pour agir en conséquence. Puis, on a lâché l’affaire. A moment donné, ça n’avait plus vraiment de sens.

Honnêtement, on n’a pas compris le concept de vagues de chaleur. Nous, tout ce que l’on peut dire, c’est que la canicule a duré des mois. En tout cas, c’est comme cela qu’on l’a ressenti.

Un tsunami brûlant a englouti nos jours et nos nuits sans distinction. Il nous a submergé. On étouffait, on suffoquait. On était tous anéantis. Point barre.
Pas un souffle d’air, pas une goutte de pluie, pas de répit, pas de repos. Seule solution, rester confinés, sous la clim ou face à un ventilateur.

Sortir en ville, impossible. Aller à la plage, une épreuve. En plus, la Méditerranée était bien trop chaude pour jouer son rôle de climatisation naturelle. Posidonies, poissons, crustacés, cétacés, tout l’écosystème marin a souffert. Même constat dans les rivières. Voilà la triste réalité. Dire que jusqu’à présent, on se sentait privilégiés grâce à l’air marin dans la journée et les thermiques descendant de la montagne, le soir. Là, rien. Le calme plat.

On est encore abasourdis. Pourtant, ça fait des lustres que les experts nous alertent. Problème, on est entrés dans l’ère du doute et de la défiance. La science est en première ligne. Résultat, on en paie les frais. Et la facture est exorbitante. Nature est exsangue. Santé fragilisée. On n’a pas fini de ressentir les effets de cette chaleur extrême.

Pour les années à venir, il va vite falloir s’organiser. Nous, on envisage de louer une chambre froide avant de devenir de véritables réfugiés climatiques…