Mais qui a écrit ce mauvais scénario ?...

Depuis quelques mois, tous les pays du monde, les uns après les autres, sont rattrapés par un virus aussi volatile que virulent. Les habitants de la planète terre se retrouvent pris au piège. Impossible de fuir, d’autant qu’ils sont tous confinés, chacun chez soi. Tout se passe comme si, à leur insu, ils étaient passés de l’autre côté du miroir. Propulsés dans l’inconnu, ils tentent de se rassurer en cherchant des informations crédibles. Incrédules et abasourdis par les images qui leur parviennent de toute part, ils s’enfoncent chaque minute davantage, dans un jour sans fin…

Vous connaissez le confit ? Cette technique de conservation serait connue depuis l’antiquité. Certains disent même qu’elle remonterait à la préhistoire. Plus proche de nous, le sud-ouest en a fait une de ses spécialités.

Pour réussir un bon confit, il vous suffit de suivre les quelques conseils avisés des plus grands spécialistes en la matière. Comme vous bénéficiez de quelques semaines supplémentaires, voire plus, vous avez tout le temps nécessaire à la préparation de cette recette…

Ouf, le ciel est avec nous… En ce lundi de Pâques, il est recouvert un voile nuageux gris. Pas vraiment du genre qui donne envie de sortir pique-niquer sur l’herbe d’un beau vert printanier du plus bel effet avec une nappe à carreaux. Et la météo annonce même quelques averses éparses. C’est parfait !

A moitié sonnés par le confinement, voilà que nous sommes à présent réduits à nous « réjouir de fêter » Pâques chacun chez soi ! Pas de repas tous réunis autour de la table. Pas de pique-nique au beau milieu des pâquerettes. 

C’est pas que… mais on a du boulot, non ? Ben il parait que c’est aujourd’hui qu’on doit faire la chasse aux œufs !
Problème, on ne sait plus du tout où on les planqués… D’ailleurs, si ça se trouve, on les a déjà tous bouffés pour calmer une bouffée d’angoisse. Allez savoir !!!

L’Agence Régionale de Santé de Corse a mis en place une cellule d’écoute pour aider les personnes à faire face à l’isolement pendant cette période de confinement.

"Allo ? Comment tu te sens aujourd’hui ?". Cette petite question toute simple en temps normal prend tout son sens en cette période. Une simple question qui se répète de l’un à l’autre. Comme un fil rouge, elle nous relie, chaque jour.
Appeler quelqu’un, prendre de ses nouvelles, s’assurer qu’il va bien… ça n’a l’air de rien. Pourtant, c’est devenu essentiel. Les téléphones ont pris le relais pour maintenir un lien de proximité comme on dit à la télé…

Qu’on soit cloches ou pas,  qu'on soit lapin, poule ou friture, Pâques c’est crucial. C'est l’autre moment de l’année, avec Noël, où l’on se peut se bâfrer de chocolats sans culpabiliser.

On est déjà privé de sortie, on ne va pas en plus être privé de chocolat. Là, on préfère vous le dire tout de suite. C’est non, non et non !!! S’il n’est pas question qu’on s’en passe, on ne va pas festoyer comme des oufs. On veut juste s’octroyer un petit plaisir, histoire de faire passer la pilule avec quelques œufs en chocolat.

Rien de plus facile ! Il vous suffit de RESTER CHEZ VOUS !!!

Plus facile à dire qu’à faire…

Si ce n’est pas du tout évident, il faut tout de même réaliser que c’est la seule façon de voir disparaitre ce satané virus.

Et dire qu’on en arriverait presque à oublier que c’est le printemps…

Heureusement, la force vitale de la nature est bien au rendez-vous.

A nous à présent d’imiter sa force de vie, de capter la vitalité qui lui permet de traverser les hivers les plus rudes…

Encore sonnés par la décision de quitter le vaisseau, en tant que passagers, nous avions une consigne simple. Chacun, depuis sa base, devait maintenir le contact avec les autres. Hélas, une partie du message a échappé à la compréhension de certains.

Cette partie qui disait explicitement "depuis sa base" était pourtant essentielle. D'ailleurs, la rumeur ne parlait plus que de ça, relayée de toute part et ne cessant d'enfler. À vrai dire, la nouvelle d'une expérience inédite, à la fois espérée pour protéger chacun et redoutée tant elle paraissait incroyable, tardait à se mettre en place.

Allo ? Allo ? Que se passe-t-il ? Nous avons perdu le contact… Qu’allons-nous devenir ? Continuer à errer dans cet univers où le danger guette de toutes parts ? Les quelques consignes de sécurité, appliquées à la lettre par les uns, sont rudement mises à mal par le manque de rigueur des autres, bien qu’ils n’en aient pas conscience. Que devons-nous faire ? Rester indéfiniment confinés dans ce vaisseau en perdition ou prendre la seule décision pour protéger tous les passagers ?

Avant, l'évocation de « CORONA » sonnait comme une invitation à se laisser séduire par une blonde, dorée et fraîche... Mais ça c'était avant ! Aujourd'hui, hélas, nous avons fait la connaissance du petit dernier de la grande famille des coronavirus, le Covid-19. Le nom de ce satané virus est de toutes les conversations. Par chance, pour l'instant il n'est pas sur toutes les lèvres... Mais potentiellement, nous pouvons tous être atteints.

 

 

Vendredi matin, nous avons quitté Bastia, direction le sud, sous un ciel bleu magnifique. En convois jusqu'à Aleria, nous avons admiré le paysage entre mer d'huile et montagnes aux sommets enneigés, tout en discutant de nos vies, de nos souvenirs au gré des lieux traversés et de notre rendez-vous avec le GEM de Porto-Vecchio. 

Les tempêtes successives qui balaient l'île du nord au sud n'ont pas réussi à emporter notre envie de rencontre... C'est donc dans le bien nommé GEM "U SCONTRU" "la rencontre" que nous nous sommes rendus mardi.

Nous étions impatients à double titre. Retrouver les adhérents du GEM TC (pour "Traumatisés Crâniens " qui accueille également les personnes cérébro-lésées) qui étaient déjà passés chez nous l'année précédente. Et, découvrir leurs tout nouveaux locaux.

Dans les GEM, tous sans exception, on joue. À quoi ? À tout. Atouts ? Ben, chaque jeu a des atouts. Il n'y a pas que les cartes. Tenez, chez nous, par exemple, on a un placard dédié aux jeux de société. Scrabble, Rummikub, Triomino, Monopoly, Trivial Pursuit...

Proposer de jouer. Choisir le jeu qui emporte la mise. S’installer tous ensemble autour de la table. Partager un moment convivial. C'est déjà faire société.

Février. Le 2. Jour béni entre tous. Celui que l'on attend avec ferveur. La chaleureuse chandeleur !!! Vous avez remarqué cette irrépressible envie de crêpes, quand elle vous titille, impossible d'y résister. Il faut absolument en dévorer au moins une. Le hic, c'est qu'une, c'est très frustrant. A peine, la malheureuse a-t-elle atteint votre estomac qu'elle en appelle une autre et ainsi de suite...

Au GEM, c'est Sabrina qui a ouvert le bal en compagnie de Valérie. Quelle aubaine qu'elles aient fait sauter les crêpes pour le bonheur de tous. En ce jour si spécial, elles avaient le parfum du bonheur ! Tous attablés, nous les avons dévorées en deux coups de cuillères à pâte à tartiner. Soyons clairs, elles étaient à tomber.

Chez nous, c'est un peu la révolution à tous les étages. Par petites touches, on organise un grand chambardement. Une stratégie nouvelle se met en place. A présent que chacun a bien compris tout l'intérêt de participer à la vie associative, on fait fructifier le bénéfice d’années de travail. Se retrouver chaque jour pour décider ensemble de nos projets, s'y investir d'une manière ou d'une autre contribue à relancer la dynamique. Cette énergie renouvelée crée une spirale vertueuse qui entraîne des envies nouvelles...

On priorise nos activités, donc cela implique des choix. Pas facile de se séparer de quelque chose où de quelqu'un... Alors, avant de faire n’importe quoi, on lance une phase de tests. La dernière proposition vient d'Isabelle et a remporté un franc succès. Le bowling. Face à l'engouement, elle s'est mise en mode "recherches". Coût du trajet en train, prix de la location de chaussures, d'une partie...

Dans un GEM, les ateliers vivent et meurent au rythme des envies des adhérents et membres présents. Des ateliers d’écriture, depuis l’ouverture de notre GEM, nous en avons connu plusieurs. Tous différents. Certains ont vécu ce que vivent les roses. D’autres ont résisté à l’usure du temps. Ceux-là ont compté, comme celui de Dominique. Quel plaisir, chaque semaine, de rejoindre son minuscule atelier, au Puntettu, joliment dénommé « Au pied de la lettre ». Dominique y a fait des miracles en faisant naitre l’envie d’écrire. On ne parle pas ici de vocation d’écrivain. Ceux qui ont ça en eux, le savent depuis toujours. On parle juste d’oser se lancer. Prendre la plume et poser des mots sur une feuille. Des mots sur les maux, quand on y parvient. Accueillir ce qui vient. Avec délicatesse. Apprivoiser les lettres, composer des mots, enchainer les phrases unes aux autres, et se libérer. Laisser glisser la main sans la censurer.